PRESSE
©Isabelle Lévy-Lehmann
Les Transparents
" (...) C’est au fond ce qui distingue Les Transparents de tant de pièces qui veulent produire de l’énigme. Anne-Sophie Lancelin ne fabrique pas de la profondeur avec du flou. Elle travaille bien plus précisément. Elle organise des apparitions, des retraits, des masses, des coupes, des traversées. Elle compose des états de présence. Elle pense le visible à partir de ce qui lui échappe, non pour se réfugier dans l’indétermination, mais pour rendre le regard plus actif. Sa pièce ne raconte pas ; elle agence. Elle ne démontre pas ; elle construit des conditions d’apparition. (...) ici apparaît une écriture. Et c’est sans doute cela qu’il faut saluer d’abord : non pas une vague poésie de l’étrange, mais une pensée chorégraphique véritable, capable de faire du plateau un lieu de transformation du regard. Ce n’est déjà pas si fréquent. C’est même, aujourd’hui, beaucoup."
lien vers l'article Thomas Adam-Gardnung, Ballroom Online "Les Transparents tissent un lien avec les corps, au-delà des générations. (...) D’une rapidité d’insecte, leurs pieds remuent à toute vitesse, en tous sens. Agis par ces ventouses, les corps avancent pour mieux retomber et s’étaler au sol. Aucun d’eux ne triomphe. Ils sont parfois immobiles, comme un tracteur arrêté au milieu d’un champ. Dans cette atmosphère entre chien et loup, tout se dérobe. Ils lancent des bras qui semblent plus nombreux que ceux de la pieuvre, mais jamais épanouis, tendus, inquiets. Ils font bloc vers le fond de scène, comme habités d’inquiétude, de chagrin. Ils veulent disparaître, mais ensemble. Quel beau travail." lien vers article Muriel Steinmetz, L'Humanité "(...) Amatrice de poésie, autrice elle-même, la chorégraphe met en scène des corps à la présence vive, discrète et fugitive, mus par une sorte d'instinct du présent et de la relation à l'autre. Cristaux d'énergie en même temps que relâché et suspension, le mouvement intérieur, d'une grande légèreté et précision déploie mystère et beauté en autant de séquences tels des haïkus composant un recueil de poèmes. Se sentir porté par l'air, le feu, être emporté par le mouvement du groupe, telle Christine Gérard, aérienne, en toute fragilité et sensibilité, se laisser traverser par les musiques, jouer du surgissement dans la lumière et la pénombre, c'est ici l'art des cinq interprètes qui explorent avec justesse le rapport à l'insaisissable, à la présence impalpable et immanente, tels des lucioles aussi impermanentes que ces Transparents dont le souffle est plus que palpable sur le plateau. Une pièce d'Anne-Sophie Lancelin originale et subtile qui nous emmène loin et fait impression." lien vers l'article Catherine Bot, ResMusica "(...) une écriture qui varie sa forme à l’infini, dans une série de dialogues intenses avec le sol. A travers divers états de pesanteur, Anne-Sophie Lancelin interroge les possibilités de disparition et d’effacement, dans la fusion avec le sol ou les murs, dans l’obscurité comme dans la lumière et la puissance de son ombre. Cette écriture chorégraphique se faufile, se cherche, s’efface… Ne cessant de se transformer, elle pratique le camouflage, crée des tableaux obscurs ou expressionnistes, donne aux corps une qualité tantôt minérale tantôt fluide, oscillant entre souplesse et mouvements ciselés. Pieds ou poings martèlent le sol (tout le monde étant allongé sur le ventre) ou le buste, quand les danseurs ne sont pas en train de se faire avaler par un infini en fond de scène ou de se fondre l’un dans l’autre. (...)" lien vers article Thomas Hahn, Danser canal historique (...) Dès l’ouverture, électrisée par les lancinants violons de György Ligeti, Anne-Sophie Lancelin entaille le corps du réel. Avec cette première poussée de fièvre, où les muscles s’allient à la vision pour nous faire douter de ce que l’on voit, la chorégraphe invite ses danseurs à mettre le pied dans la brèche d’un puissant imaginaire. Ce pied, c’est un pas de côté, des rythmes distincts qui cisaillent et ouvrent à des perceptions inédites, entre chien et loup, où l’humain se fond dans un bestiaire fantastique : Les Transparents œuvre à une nouvelle phénoménologie et expérimente l’étrangeté du vivant. Dans ses subtiles inventions, Anne-Sophie Lancelin trouble la surface de l’étant. (...) De bout en bout, la poésie de l’étrange tisse somptueusement le fil des temps imaginaires. Et dans ce filet d’ombre et lumière, Les transparents de nous emporter irrésistiblement. Corps et âme." lien vers l'article Nicolas Thevenot, Un fauteuil pour l'orchestre "(...) Esprits de la forêt ou vagabonds modernes, Les Transparents d'Anne-Sophie Lancelin nous interpellent sur le regard que nous portons sur le monde et sur notre capacité à nous ouvrir à ces êtres. En rendant palpable ce qui nous échappe, elle installe un univers mystérieux et énigmatique, où la frontière entre visible et invisible se brouille, où les danseurs, tout à la fois, se présentent à nous et se retirent. Il reste alors au spectateur d'accueillir ces messagers furtifs et la poésie qu'ils nous délivrent de leurs danses." lien vers l'article Filip Forestier, à voir et à danser "(...) Soft, undulating gestures in slow motion hinge on an extended suite of musical pieces. Likewise, unexpected variations come both from the soundscape – like Erik Satie’s Gymnopédies, a harpsicord and electrical guitar duet or a jazz melody – and the choreography – as when the only male dancer is held upside-down by the female dancers, or when one of them lies against another in a precarious position. Delineating space with light and shades and geometrical patterns, the flow of moving images conveys sensitive impressions with touches of humor. The piece might be obscure but it holds on to an enlightening common thread. " lien vers l'article Callysta Croizer, Springback magazine Podcast Tous Danseurs de Dorothée de Cabissole
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